À LA VIE À LA MORT

Plusieurs heures des derniers mois ont été consacrés à l’écriture du livre « À la vie à la mort ».

J’ai rarement eu à accomplir un tel exercice professionnel et personnel. Dans ce livre, je vous fais part de mes réflexions face à la mort, au deuil et surtout — ça, je m’en suis aperçue après l’avoir écrit — mes réflexions face à la vie.

Dans cette section, j’ai envie de partager avec vous les coulisses de la création de ce livre : pourquoi j’ai trouvé important de l’écrire, dans quel contexte j’y suis arrivée, quelles sont les émotions que j’ai vécues en chemin et surtout qu’est-ce que tout ce processus m’a apporté.

QUAND JE PARTIRAI

« Moi aussi, je vais partir. Tout le monde va partir. Mais avant, il y a tant à faire, tant à être, tant à savoir. Quand je partirai, je souhaite être comme toi, avoir le libre arbitre, être dans le lâcher-prise. Tu étais prête. C’était terminé et, pourtant, tu savais que quelque chose d’autre allait commencer. Tu avais accompli tout ce que tu voulais faire, et même plus. Tu avais été tout ce que tu voulais être, et même plus. Je suis reconnaissante d’avoir été là, si près de toi aux premières loges. Je suis heureuse. Je suis ok avec ça. Ta mort, ta présence, autrement. Anne-Marie, tu nous as appris à mourir et à savoir vivre dans la mort. On ne part pas sans dire bonjour quand nous sommes invités chez quelqu’un ; eh bien, toi, tu as tellement su comment nous dire au revoir! Tu as pris ton temps pour être là, pour nous aider, pour nous dire que tout allait bien se passer. Tu as ouvert les consciences, tu as touché des dizaines de milliers de personnes, mais, égoïstement, je dois dire que ce sont tes proches, dont j’étais, qui en ont le plus profité. Je savais que tu n’allais pas partir tant que tout n’était pas satisfaisant pour tout ton monde et, moi, j’en faisais partie. C’était dans tes priorités de partir avec élégance, de partir comme une grande dame qui sait vivre, de partir avec classe. C’est ce qui me vient à l’esprit quand je pense à ton départ. Tu as pris la peine de me téléphoner, quelques jours avant ta mort, pour me dire au revoir, pas adieu. Pour me dire : « À bientôt, on se reverra. » Tu as su faire ça, parce que tu sais vivre. Moi, je sais encore plus vivre depuis que j’ai connu ça avec toi. »